Après un DCG ou une licence de comptabilité, deux chemins mènent au niveau bac + 5 de la filière : le DSCG, diplôme d’État préparé en lycée, en école ou par correspondance, et le master comptabilité, contrôle, audit (CCA), diplôme universitaire qui dispense d’une grande partie des épreuves du DSCG. Les deux ouvrent le stage d’expertise comptable et, au bout, le même DEC. Les étudiants se demandent souvent lequel « vaut le plus » auprès des cabinets. La vraie question est ailleurs : quel rythme, quel coût, quelle alternance et quelle stratégie d’examen conviennent à votre situation. Cet article compare les deux voies sans prétendre que l’une l’emporte.
Deux chemins vers le même DEC
Le DSCG (diplôme supérieur de comptabilité et de gestion) est le deuxième diplôme d’État de la filière expertise comptable. Selon l’Onisep, il se prépare en deux ans en lycée, à l’université, en école privée ou par correspondance, et s’obtient avec une moyenne d’au moins dix sur vingt à sept épreuves nationales, organisées une fois par an. Les unités validées se conservent pendant plusieurs années, et le candidat peut les présenter dans l’ordre qu’il souhaite.
Le master CCA est un diplôme universitaire de niveau bac + 5, préparé dans une école universitaire de management (IAE) ou une faculté de gestion. Il suit un cahier des charges qui permet à ses titulaires d’être dispensés de cinq des sept épreuves du DSCG.
Le point commun : l’un comme l’autre permet de s’inscrire au stage d’expertise comptable, puis de présenter le DEC. L’Ordre des experts-comptables rappelle que l’inscription au stage suppose le DSCG ; un candidat qui a déjà une partie des unités peut aussi commencer sous conditions. Un titulaire du master CCA qui veut le DSCG complet doit donc passer les épreuves restantes.
Les dispenses accordées par le master CCA
Les universités qui délivrent le master CCA indiquent les épreuves dispensées et celles qui restent à passer. D’après les présentations publiées par plusieurs IAE, les deux épreuves qui ne sont pas dispensées sont, en général, l’unité de gestion juridique, fiscale et sociale et l’unité de comptabilité et audit. Certaines universités organisent d’ailleurs une préparation spécifique à ces deux unités pendant le master.
Ce que cela implique en pratique :
- un étudiant de master CCA prépare en parallèle deux épreuves nationales, souvent en fin de cursus ;
- ces deux unités sont parmi les plus exigeantes du DSCG, en particulier la gestion juridique, fiscale et sociale ;
- les règles exactes dépendent des textes en vigueur et de la conformité du master au cahier des charges : vérifiez-les auprès de la formation avant de vous inscrire.
Rythme, alternance et charge de travail
Le DSCG se prépare selon plusieurs formules :
- en lycée public ou privé sous contrat, en formation initiale, avec un encadrement serré et un coût généralement réduit ;
- en école privée, souvent en alternance, avec des frais variables ;
- par correspondance, avec le CNED ou un organisme privé, ce qui permet de travailler à côté ;
- en candidat libre, unité par unité, pour des professionnels déjà en poste.
Le master CCA suit le calendrier universitaire, sur deux ans, et se fait très souvent en alternance avec un cabinet d’expertise comptable, un cabinet d’audit ou une direction financière. Les frais d’inscription sont ceux de l’université publique.
La charge de travail est élevée dans les deux cas. Le DSCG demande une préparation intense aux épreuves nationales, sans filet de contrôle continu. Le master CCA combine les examens universitaires, la préparation des deux unités restantes du DSCG, l’alternance et un mémoire de master.
Ce que les cabinets regardent vraiment
Les deux voies sont bien connues des cabinets, et aucune n’est disqualifiante. Un recruteur regarde surtout :
- l’avancement réel : nombre d’unités du DSCG obtenues, master validé ou non, épreuves restantes ;
- l’expérience accumulée : une alternance en cabinet pendant deux ans pèse lourd, quelle que soit la voie ;
- le projet : un candidat qui sait s’il vise l’expertise, l’audit ou l’entreprise, et qui a un calendrier pour le stage et le DEC, rassure ;
- le niveau technique, vérifié en entretien par des questions de comptabilité et de fiscalité.
Certains cabinets apprécient la culture générale de gestion et le mémoire du master ; d’autres valorisent la rigueur du parcours DSCG par épreuves nationales. Ces préférences tiennent plus à l’histoire du cabinet qu’à une hiérarchie des diplômes.
Choisir selon son profil et ses contraintes
Quelques situations types pour vous orienter :
Vous sortez d’un DCG en lycée et aimez un cadre encadré. Le DSCG en lycée, dans la continuité, est une option solide et peu coûteuse. Une alternance en école privée est possible si vous voulez travailler en cabinet en parallèle.
Vous sortez d’une licence universitaire et voulez l’alternance. Le master CCA en alternance combine diplôme, expérience et dispenses. Il faut être prêt à préparer en plus deux épreuves nationales.
Vous travaillez déjà en cabinet. Le DSCG unité par unité, par correspondance ou en cours du soir, permet d’avancer sans quitter votre poste, comme l’illustre l’exemple de CV de collaborateur comptable en cabinet, titulaire d’un DSCG obtenu en cours du soir.
Vous hésitez entre expertise comptable et entreprise. Le master CCA, plus large, peut garder davantage de portes ouvertes vers le contrôle de gestion ou l’audit interne. Le DSCG reste lui aussi reconnu en entreprise.
Vous visez un grand réseau d’audit. Les deux voies sont acceptées ; l’alternance en audit, l’anglais et la consolidation compteront davantage que le nom du diplôme.
Dans tous les cas, regardez le taux d’insertion et le réseau d’alternance de la formation, le rythme, et le soutien proposé pour les épreuves nationales. Pour la candidature au master elle-même, notre article sur la candidature à un master audit et contrôle de gestion détaille les critères de sélection et le calendrier.
Présenter son cursus sur un CV
Le CV doit rendre lisible le chemin choisi et ce qu’il reste à faire.
Pour un master CCA :
- Avant : « Master CCA. »
- Après : « IAE — Master Comptabilité, contrôle, audit, en alternance (dispense de cinq épreuves du DSCG) ; unités de gestion juridique, fiscale et sociale et de comptabilité et audit présentées à la session suivante. »
Pour un DSCG :
- Avant : « DSCG en cours. »
- Après : « DSCG par correspondance : 5 unités obtenues sur 7, dont comptabilité et audit ; unités restantes à la prochaine session, en parallèle d’un poste de collaborateur comptable. »
Notre article sur la présentation du DCG, du DSCG et du DEC sur un CV donne d’autres formulations, et l’exemple de CV d’expert-comptable stagiaire montre un master CCA complété par les épreuves restantes. Pour la suite, voir le stage d’expertise comptable du DEC. Pour mettre votre parcours en forme, l’éditeur de CV aligne diplômes et détails sur une page et produit un PDF lisible par les logiciels de tri des cabinets.
Sources
- Onisep, le DSCG, diplôme supérieur de comptabilité et de gestion 🔗.
- Ordre des experts-comptables, le cursus de l’expertise comptable 🔗.
- Université Jean Monnet Saint-Étienne, présentation du master Comptabilité, contrôle, audit 🔗.
Questions fréquentes
Le master CCA donne-t-il automatiquement le DSCG ?
Non. Il dispense de cinq des sept épreuves ; il faut réussir les deux autres pour obtenir le DSCG. Le master reste un diplôme de niveau bac + 5 à part entière.
Peut-on faire le stage d’expertise comptable avec le seul master CCA ?
Le stage suppose le DSCG, ou une partie de ses unités sous conditions fixées par l’Ordre. Renseignez-vous auprès du conseil régional de l’Ordre sur votre situation avant de vous inscrire.
Quelle voie coûte le moins cher ?
Le DSCG en lycée public et le master CCA à l’université publique ont des coûts modérés ; les écoles privées et certaines préparations par correspondance sont plus chères. L’alternance peut prendre en charge les frais.
Peut-on cumuler les deux ?
Oui, c’est même le cas de nombreux candidats : ils suivent le master CCA et passent les deux unités du DSCG qui ne sont pas dispensées, pour obtenir les deux diplômes.