Carrière en audit9 min23 octobre 2026

Tests de recrutement en cabinet comptable : à quoi se préparer

Écritures à passer, déclaration de TVA à contrôler, bilan à lire : les cabinets testent de plus en plus la technique avant l’entretien. Les formats observés et une méthode de révision ciblée sur une semaine.

Par Équipe AuditCV

« Avant l’entretien, nous vous proposons un petit exercice d’une heure. » La phrase est de plus en plus fréquente dans les cabinets d’expertise comptable, y compris dans des structures de quelques personnes. L’associé veut vérifier, avant d’y consacrer du temps, que le candidat sait passer des écritures de clôture, contrôler une déclaration de TVA ou lire un bilan. Pour le candidat, c’est une épreuve qui se prépare, à condition de savoir ce qu’on y trouve. Cet article explique pourquoi les cabinets testent, décrit les formats les plus courants, reprend les points techniques à maîtriser en comptabilité et en fiscalité, propose un plan de révision sur une semaine et montre ce que le test dit de votre CV.

Pourquoi les cabinets testent avant l’entretien

Trois raisons poussent les cabinets à tester les candidats.

Vérifier ce que le CV affirme. Un CV peut annoncer un portefeuille de soixante dossiers « de la tenue au bilan » ; un test d’une heure montre si le candidat maîtrise réellement les écritures d’inventaire ou la liasse fiscale. Les associés qui ont été déçus par un recrutement mettent souvent en place un test pour éviter de recommencer.

Gagner du temps. Dans un petit cabinet, l’associé recrute lui-même. Un test écrit permet de ne recevoir en entretien que les candidats qui ont le niveau, sans y passer ses soirées.

Comparer objectivement. Le même exercice pour tous les candidats donne une base de comparaison, utile quand les parcours sont très différents (BTS, DCG, master, reconversion).

Les grands réseaux utilisent davantage des tests en ligne de raisonnement, d’anglais ou de personnalité ; les cabinets d’expertise comptable préfèrent des exercices proches du travail réel.

Les formats de tests les plus courants

L’exercice écrit sur papier ou sur ordinateur, d’une à deux heures, au cabinet : une série d’écritures à passer, un cas de clôture, une déclaration à contrôler.

Le questionnaire en ligne, envoyé avant l’entretien : questions à choix multiples ou courtes réponses sur la comptabilité, la TVA, l’impôt sur les sociétés, le droit des sociétés.

L’exercice sur logiciel, plus rare : saisir des pièces dans le logiciel du cabinet, faire un rapprochement bancaire, lettrer un compte.

Le cas oral, pendant l’entretien : l’associé présente une situation (un client qui veut passer à l’impôt sur les sociétés, une facture mal libellée) et vous demande de réagir.

Le test de paie, dans les cabinets qui ont un pôle social, pour les postes qui comprennent la gestion des bulletins. Pour ce volet, qui relève davantage du métier de gestionnaire de paie, l’article sur la préparation au test de paie en entretien 🔗 détaille les exercices habituels.

Écritures comptables et opérations de clôture

C’est le cœur de la plupart des tests. Les thèmes qui reviennent :

  • les achats et les ventes, avec la TVA déductible et collectée, les remises, les avoirs, les acomptes ;
  • les immobilisations : acquisition, frais accessoires, amortissement linéaire ou dégressif, cession avec calcul de la plus-value ou de la moins-value ;
  • les charges à payer et les produits à recevoir : factures non parvenues, intérêts courus, congés payés ;
  • les charges et produits constatés d’avance : loyers, assurances, abonnements à cheval sur deux exercices ;
  • les provisions et dépréciations : créances douteuses, stocks à rotation lente, litiges ;
  • la variation de stock et son effet sur le résultat ;
  • la paie en comptabilité : écritures de salaires et de charges sociales ;
  • l’affectation du résultat et les opérations sur le capital.

La consigne type : « Passez les écritures d’inventaire au 31 décembre à partir des informations suivantes. » Le correcteur regarde les comptes utilisés, les montants, mais aussi votre raisonnement : expliquez brièvement chaque écriture si le format le permet.

Notre article sur les questions de comptabilité en entretien propose cinq écritures corrigées avec les comptes du plan comptable général, à refaire avant un test.

Fiscalité courante : TVA et impôt sur les sociétés

La TVA

Les tests portent souvent sur le contrôle d’une déclaration de TVA ou sur un calcul à partir d’un jeu de factures. À maîtriser :

  • les taux : le BOFiP rappelle les taux de droit commun en métropole, le taux normal de 20 %, le taux de 10 % et le taux de 5,5 %, chacun avec son champ d’application ;
  • l’exigibilité : TVA sur les débits ou sur les encaissements, différence entre livraisons de biens et prestations de services ;
  • la déductibilité : conditions, exclusions courantes (certains véhicules, dépenses de logement), coefficient de déduction ;
  • l’autoliquidation : achats intracommunautaires, sous-traitance dans le bâtiment ;
  • les régularisations : avoirs, impayés, erreurs sur une déclaration précédente.

L’impôt sur les sociétés

À maîtriser :

  • les taux : selon Service-Public, le taux normal est de 25 %, et un taux réduit de 15 % s’applique aux PME qui remplissent les conditions, sur la part des bénéfices jusqu’à 42 500 € ;
  • le passage du résultat comptable au résultat fiscal : réintégrations (amendes, part non déductible de certaines charges, provisions non déductibles) et déductions ;
  • les acomptes et le solde ;
  • la liasse fiscale : principaux tableaux, cohérence avec les comptes annuels.

Un exercice classique consiste à calculer l’impôt d’une PME à partir d’un résultat comptable et d’une liste de charges à analyser.

Réviser en une semaine

Un plan réaliste, à adapter à votre niveau :

Jour 1 : les bases. Revoir le plan comptable général, les principes (indépendance des exercices, prudence, permanence des méthodes) et le lien entre bilan et compte de résultat.

Jour 2 : achats, ventes et TVA. Refaire des écritures avec TVA, des avoirs, des acomptes ; calculer une déclaration de TVA à partir de quelques factures.

Jour 3 : immobilisations. Acquisition, amortissements, cession ; refaire un tableau d’amortissement.

Jour 4 : opérations d’inventaire. Charges à payer, produits constatés d’avance, provisions, dépréciations, stocks. C’est la journée la plus importante.

Jour 5 : impôt sur les sociétés. Passage du résultat comptable au résultat fiscal, calcul de l’impôt, acomptes.

Jour 6 : un cas complet en temps limité. Prenez un sujet d’examen du DCG ou un exercice de manuel et faites-le en une heure, sans aide.

Jour 7 : relecture et actualité. Relisez vos erreurs, et renseignez-vous sur l’actualité qui touche les cabinets : généralisation de la facturation électronique, évolutions récentes de la fiscalité.

Les sujets d’examen du DCG, en particulier en comptabilité et en fiscalité, sont une excellente base d’entraînement. Notre article sur la présentation du DCG, du DSCG et du DEC sur un CV rappelle ce que les cabinets lisent dans votre parcours.

Ce que le test dit de votre CV

Le test et le CV se répondent. Un associé compare le résultat de l’exercice à ce que vous annoncez.

Si le test est bon et le CV modeste, vous avez sous-vendu votre expérience. Revoyez votre CV pour qu’il décrive plus précisément votre portefeuille et vos livrables.

Si le CV est ambitieux et le test moyen, l’associé doute de tout le reste. Mieux vaut un CV exact, qui annonce une révision « sous la supervision du chef de mission » plutôt qu’une autonomie complète que le test ne confirme pas.

Si le test révèle une lacune précise (TVA intracommunautaire, consolidation), dites-le en entretien et montrez comment vous comptez la combler.

Un CV précis sur les dossiers traités, les livrables et les logiciels prépare le terrain : l’exemple de CV de collaborateur comptable en cabinet en donne un modèle. Pour l’étape suivante, notre guide pour réussir un entretien dans un cabinet d’expertise comptable décrit les questions qui suivent souvent le test. Et pour mettre votre CV au niveau de votre test, l’éditeur de CV gère la mise en forme et produit un PDF lisible par les logiciels de tri des cabinets.

Sources

Questions fréquentes

Le test est-il éliminatoire ?

Souvent, en partie : un résultat très faible met fin au processus, mais un résultat moyen accompagné d’un bon entretien peut suffire. Le cabinet regarde aussi la démarche et la présentation.

Peut-on utiliser une calculatrice ou un plan comptable ?

Cela dépend du cabinet. La calculatrice est presque toujours autorisée ; le plan comptable l’est parfois. Posez la question avant de commencer.

Les tests sont-ils les mêmes pour un stagiaire et un collaborateur confirmé ?

Non. Un stagiaire est testé sur les écritures courantes ; un collaborateur confirmé sur les opérations de clôture, la fiscalité et parfois la liasse fiscale complète.

Que faire si l’on bloque sur une question ?

Passer à la suite et y revenir, en indiquant votre raisonnement même incomplet. Une démarche juste partiellement aboutie vaut mieux qu’une page blanche.

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